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Corinne CUENCA
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Le sujet "Les Biens culturels sur Internet " renvoie tout d'abord à notre conception de la culture qui détermine notre identité et caractérise notre société occidentale. Ces biens ne sont pas seulement les biens artistiques, telles que les œuvres d'art (peinture, sculpture, musique, littérature, cinéma, photographie) ou architecturales, mais ils sont aussi les biens axés sur la connaissance et le savoir (les encyclopédies, les musées…). L'impact d'Internet sur les biens culturels se traduit en premier lieu
par la dématérialisation du support et de la diffusion de
ces biens. Dès lors, cet impact n'est pas aussi fort pour tous les
biens culturels, puisque la numérisation de certains biens facilite
leur adaptation et leur utilisation par Internet. Par conséquent,
la première problématique développée dans ce
mémoire porte sur les rapports qu'entretient Internet avec les canaux
de diffusion traditionnels, qui s'analyse plus en une complémentarité
qu'en une concurrence.
A priori, les biens culturels ci-avant définis renvoient à
un patrimoine, à une identité culturelle déterminée,
qui risquent d'être modifiés (positivement et/ou négativement)
par l'avènement d'Internet. En effet, le Réseau des réseaux
se présente comme un formidable vecteur de globalisation, et par
là même d'uniformisation qui défie l'approche des biens
culturels en tant que porteurs d'une identité culturelle particulière
et individualiste. La seconde problématique qui ressort de ce constat
est, à la fois, celle de la démocratisation de l'accès
aux biens culturels et, celle de l'uniformisation de ces biens, opposée
à la possibilité d'enrichissement et d'ouverture de la culture
grâce à Internet.
Enfin, l'impact d'Internet sur les biens culturels se traduit par une
certaine désacralisation de ces derniers. En effet, les internautes
n'hésitent pas à agir sur les biens, à les modifier
et à en créer de nouveaux. Le rapport n'est plus unilatéral
mais interactif ; par exemple, la lecture d'un livre devient multidimensionnelle
et personnalisée grâce aux liens hypertextes. Par conséquent,
la mise en ligne de biens culturels conduit à une atteinte à
leur caractère original et sacré. La problématique
qui se dégage ici renvoie à un questionnement philosophico-juridique
sur la nature profonde des biens culturels.
Première
partie :
A - Plus qu'un concurrent, Internet est un complément des canaux de diffusion traditionnels 1 - La création de sites web concurrence a priori les canaux de diffusion traditionnels 2 - La mise en ligne de biens culturels
s'analyse en fait comme un complément, qui répond avant tout
à une logique commerciale.
B - En dématérialisant les supports, Internet "révolutionne" la diffusion de biens culturels 1 - La dématérialisation du support des biens culturels et de leur diffusion 2 - Les enjeux économiques et juridiques, illustrés par
le procède du site nart.com
Deuxième
partie :
A - Internet modifie l'accès des individus aux biens culturels 1 - Un démocratisation certaine, mais contestée, de l'accès
aux biens culturels
B - Internet modifie aussi la nature des biens culturels, en quelques
sortes "désacralisés"
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A - Plus qu'un concurrent, Internet est un complément des canaux de diffusion traditionnels 1 - La création de sites web concurrence a priori les canaux de diffusion traditionnels 2
- La mise en ligne de biens culturels s'analyse en fait comme un complément
B - En dématérialisant les supports, Internet "révolutionne" la diffusion de biens culturels 1 - La dématérialisation du support des biens culturels et de leur diffusion 2 - Les enjeux
économiques et juridiques, illustrés par le procède
du site nart.
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Internet: un nouveau canal de diffusion de biens culturels
Internet n'a pas véritablement révolutionné le
domaine des biens culturels. Il se présente avant tout comme un
nouveau canal de diffusion de ces biens, qui concurrence, mais surtout
complète, les canaux de diffusion traditionnels (c'est-à-dire
tels qu'ils existent dans le monde réel). Sa carctéristique
majeure est de dématérialiser le support des biens culturels,
ce qui permet une diffusion plus facile de certains biens culturels. Toutefois,
de cette dématérialisation naissent des enjeux à la
fois économiques et juridiques.
A
- Plus qu'un concurrent, Internet est un complément des canaux de
diffusion traditionnels
1 -
La création de sites web concernant les biens culturels concurrence
a priori les canaux de diffusion traditionnels
A priori, la mise en ligne de biens culturels apparaît comme un facteur de concurrence des canaux de diffusion traditionnels. En effet, les nouveaux acteurs du Web exploitent sur leurs sites des activités qui existent le plus souvent dans le monde "réel" et par là même attirent les clients potentiels des canaux de diffusion traditionnels. Toutefois, cette présentation trop simpliste ne rend pas compte de la possibilité de créer une nouvelle demande (propre à Internet), ou de répondre à une demande existante mais qui n'était pas jusqu'alors exploitée par les acteurs traditionnels. En effet, en ce qui concerne les biens culturels, cette demande pourrait être celle d'une personne habitant loin de Paris et souhaitant voir la Joconde ou acheter un livre qui n'est publié que par un éditeur parisien. La distance géographique n'est en effet plus un obstacle avec Internet. Il existe plusieurs types de demande. Outre la demande attachée aux canaux de diffusion traditionnels et/ou celle qui n'est pas connectée à Internet, il est vrai que la concurrence entre les canaux de diffusion s'exerce à l'égard non seulement de la demande existante, qui est peu ou mal exploitée aujourd'hui par les acteurs traditionnels, mais aussi de la demande créée par Internet. L'avènement d'Internet conduit donc à l'apparition d'une
concurrence, parfois féroce, entre les nouveaux et les anciens
acteurs dans le domaine des biens culturels. Cette concurrence peut être
illustrée par les sites qui proposent la vente en ligne de
livres.
Comment expliquer cette concurrence? Le premier facteur d'explication tient aux avantages de l'Internet, comme par exemple, le fait que les sites ne supportent pas les mêmes frais d'installation et d'équipement que les acteurs traditionnels. En effet, il n'ont pas de fonds de commerce, ce qui annule le coût du loyer pour les magasins, les frais d'installation et d'agencement de ces derniers; ils ont peu de frais tenant à la gestion des stocks (ils fonctionnent le plus souvent en flux tendus); ils réduisent les charges induites par le personnel (vendeurs, magasiniers, hôtesses d'acceuil, service de l'entretien...). Par conséquent, ils ont moins de coûts fixes, ce qui leur permet de réduire leurs charges da,ns leur compte de résultat. De plus, Internet leur permet d'être localisés dans des pays fiscalement plus souples que la France par exemple, tout en s'adressant à des internautes français. La proximité géographique n'est en effet plus une condition ou une nécessité avec Internet. Cette concurrence s'explique aussi par les nombreux avantages que présente Internet pour les internautes. Ils s'analisent en premier lieu en termes de distance géographique et de temps. En effet, une personne qui n'a pas le temps de se déplacer à une vente aux enchères (http://www.auction-fr.com) ou d'aller voir une exposition qui va bientôt se terminer, peut le faire sur Internet. Par exemple, la Cité des sciences de la Villette proposait un colloque sur l'art numérique; son site propose aujourd'hui d'avoir accès, grâce à l'image et au son, aux informations qui ont été divulguées lors de ce colloque (http://www.fetedelinternet.com). En second lieu, ce sont avant tout en termes de services qu'Internet
présente des avantages, et le premier d'entre eux est l'information
sur les biens culturels. Lors d'une vente aux enchères d'oeuvres
d'art, lors de l'achat d'un livre ou d'un CD ou encore lors de l'accès
à une présentation ou exposition de biens culturels, les
sites proposent une information riche et précise le plus souvent
(
; http://www.artprice.com
; http://www.bb.com
; http://www.cdplanete.com).
Par ailleurs, les sites Internet parviennent à personnaliser leur offre d'accès aux biens culturels, par l'intermédiaire de systèmes d'identification (en relevant des informations sur les internautes : nom, prénom, sexe, age...) ou par l'intermédiaire de cookies qui permettent d'analyser les goûts et les préférences des internautes. Enfin, l'avantage peut aussi être financier. Outre le coût
du transport qui est économisé, certains sites offrent un
accès
gratuit aux biens culturels. Il s'agit notamment de certaines oeuvres
littéraires et musicales
qui peuvent être téléchargées.
2 - La mise
en ligne de biens culturels s'analyse en fait comme un complément,
qui répond avant tout à une logique commerciale.
Les acteurs traditionnels développent de plus en plus leur site
sur Internet, ce qui montre bien que le nouveau canal de diffusion qu'est
le Réseau des réseaux complète et renforce même
le ou les canaux de diffusion traditionnels. En effet, cela répond
à un problème d'image (il ne faut pas paraître rétrograde
ou "out") et à un intérêt marketing.
Comme il l'a été dit plus haut, l'internaute est mieux
informé, parfois même il est identifié, ce qui permet
de mieux cibler l'offre de biens culturels et de favoriser l'acte de "consommation"
au sens large (l'accès au site, l'achat de biens ou encore le téléchargement).
Un exemple est donné par la FNAC
dont le site reprend les produits qui sont vendus dans les magasins.
Cette complémentarité existe aussi pour les internautes.
Ils disposent d'un accès plus facile et d'une meilleure information
sur les biens culturels et peuvent les "consommer" en ligne. Les ventes
aux enchères d'oeuvres d'art illustrent parfaitement qu'Internet
est avant tout un canal de diffusion complémentaire. Par exemple,
c'est le même type de personnes qui achète et dans la salle
et sur le site, les prix étant les mêmes pour tous (voir
les sites http://www.nart.com et
http://www.auctionroom.com).
Enfin, Internet permet à certains sites relatifs aux biens culturels
d'exister. Tout d'abord, les artistes peu ou pas connu du tout peuvent
présenter et proposer leurs oeuvres gratuitement (sur un site comme
ifrance, par exemple) sans devoir passer par les intermédiaires
du marché des biens culturels (critiques d'art, galliéristes,
éditeurs, producteurs de musique..) et sans devoir engager des frais
comme ceux de la location d'une salle d'exposition, tout en touchant un
plus grand nombre de personnes que ne pourrait contenir une salle ou que
ne permettrait de réunir le temps limité d'une exposition
.
Ensuite, les nouveaux modèles économiques et leur financement
permettent l'apparition de sites créés autour des biens culturels,
comme les sites d'information. Dans le mode de l'économie réelle,
cela n'aurait pas été possible, compte tenu de l'exigence
de rentabilité immédiate, du moins de la capacité
de faire face aux frais "fixes". La possibilité de se financer grâce
à des investisseurs (actionnaires ou non), grâce à
la publicité sur le site ou encore grâce au système
de l'affiliation rend possible la création de sites, tels que le
site chronic'art (http://www.chronicart.com).
1 - La dématérialisation
du support des biens culturels et de leur diffusion
La dématérialisation des biens culturels oar Internet est variable selon le bien dont ils'agit : les livres, les oeuvres musicales et cinématrographiques sont les plus concernés. La numérisation ou dématérialisation des livres
réveille les craintes de la "mort du livre" sur support papier,
qui montrent l'attachement au support papier "palpable". Toutefois, cela
n'a pas empêché d'aller plus loin que la numérisation
de certains biens culturels. En effet, celle-ci a été enrichie
par l'apparition de sites Internet proposant des "Webzines"
et des "E-books" .
Les CD-Roms sont une forme intermédiaire de livre virtuel, puisqu'ils contiennent du texte plus des images et des sons, mais ils ont déjà permis l'émergence d'artistes qui utilisent l'hypertexte comme moyen d'expression. Le non-roman de Lucie Le Boutiny est un exemple d'oeuvre interactive. D'autres romanciers ont lancé des concours d'écriture (comme Yann Quéfélec avec 30 jours à tuer), en proposant aux internautes d'écrire une suite à un chapitre. L'exemple de 00h00.com illustre l'apparition des cyberéditeurs. Ce sont des maisons d'édition installées sur la Toile, qui publient leurs auteurs en ligne et vendent des livres numériques. Créée en 1998, 00h00 a d'abord publié des romans mais s'intéresse maintenant à des oeuvres plus difficiles : poésies, essais. 00h00 est un "pure player", et vend également des ebook sur son site. Les éditeurs virtuels misent beaucoup sur l'événementiel, par exemple la publication en ligne et en exclusivité du dernier roman de Stephen King sur un site américain. Le livre numérique n'est pas une menace absolue pour le livre, dont le déclin a commencé bien avant la naissance d'Internet et il n'est pas sûr que l'e-book puisse détrôner, à l'avenir, le livre papier. D'emblée se pose un problème d'autonomie des batteries du livre, sans compter que plus les batteries sont grandes et plus elles pèsent lourd. la maniabilité est un facteur primordial : les lecteurs, qui sont de plus en plus âgés, dont une minorité seulement est connectée à Internet et qui sont attachés aux sensations du livre traditionnel (le parfum de l'encre, le toucher des pages), seront difficiles à convaincre et préfereront leur bon vieux livre à la froideur du livre virtuel. Par ailleurs, conquérir un marché suffisant est un défi pour les concepteurs de livres électroniques : l'e-book ne devrait pas concerner avant une quizaine d'années le grand public. Les fabricants comme Softbook visent d'abord des clients institutionnels c'est à dire les entreprises, bibliothèques, écoles et universités. Dans ces lieux, le livre virtuel remplacerait avantageusement les photocopies illégales. Les bibliothèques ont développé la numérisation
des ouvrages anciens et notamment la Bibliothèque Nationale de France
qui met à disposition plus de 35 000 livres libres de droits sur
son site : http://gallica.bnf.fr .
Le site Un Film De .com est un site ou "espace de diffusion" de
couts métrages et de fims de cinéma indépendant. Il
propose aussi une rubrique Actualité sur les jeunes réalisateurs
et acteurs.
2 - Les enjeux
économiques et juridiques, illustrés par le procède
du site nart.
Outre la crainte de ceux qui sont attachés au support papier,
apparaît un enjeux à la fois économique et juridique
attaché à la protection des droits d'auteurs et à
leur rémunération (par exemple, le téléchargement
de films ou de musiques posent ce problème; par exemple les MP3).
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A - Internet
modifie l'accès des individus aux biens culturels
1 - Un démocratisation certaine, mais contestée, de l'accès aux biens culturels 2 - L'accès
élargi aux biens culturels: vers une culture uniformisée
ou enrichie ?
B - Internet
modifie aussi la nature des biens culturels, en quelques sortes "désacralisés"
1 - L'introduction d'une interactivité des genres et des créateurs 2 - L'interrogation sur
l'essence philosophico-juridique des biens culturels
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Internet modifie les rapports entre les individus et les biens culturels
L'impact d'Internet sur les biens culturels ne se limite pas à
la simple modification du support. Plus profondément, Internet modifie
notre rapport à la culture en faisant évoluer à la
fois notre accès aux biens culturels, mais aussi en modifiant la
nature de ces biens.
A -
Internet modifie l'accès des individus aux biens culturels
Les sites d'information sur les biens culturels se multiplient de manière certaine. Il n'est pas un magazine d'information culturelle, un musée qui ne crée son site web. Nous en avons exploré quelques-uns qui proposent des services visant à faciliter l'accès aux biens culturels. (Le Centre Georges Pompidou, le Musée du Louvre, le Museum of Modern Art de New York…). Le site du musée du Louvre a particulièrement retenu notre
attention. Ce site propose en effet une visite virtuelle des galeries du
Louvre (http://www.louvre.fr).
Cette possibilité est encore inédite en France. Ce site offre la possibilité d'évoluer librement dans toutes les salles du Louvre et y apprécier peintures et sculptures en trois dimensions. En outre, il est possible de se promener autour de la pyramide du Louvre et la notion de bien culturel prend alors toute sa profondeur. Il ne semble plus y avoir de hiérarchie de valeur entre le pur bien artistique et les biens culturels dans leur ensemble. La Vénus de Milo et la pyramide du Louvre s'approchent de la même manière. Cependant, ce type de visite n'est pas à la portée de tous puisqu'il requiert la possession des logiciels Quick Time Pro que le site propose aux visiteurs d'acheter on line pour trente dollars. Si la démocratisation n'implique pas forcément la gratuité totale de l'accès aux biens culturels, la substitution de la démocratie universelle à la démocratie "censitaire" est cependant souhaitable. Par ailleurs, il faut remarquer que toutes les écoles et tous
les foyers ne sont pas équipés en ordinateurs, et, pour ceux
qui le sont, ils ne sont pas tous connectés à Internet. La
barrière financière, qui certes tend à se réduire,
demeure un obstacle majeur au processus de "démocratisation" de
l'accès à Internet.
Ce qu'Internet apporte pour le moment à tous et de manière incontestable, c'est une information complète sur les biens culturels présentés en ligne. Par exemple, tous les musées ont créé leur site. Ils se présentent comme des catalogues que chacun peut consulter gratuitement et constituent un apport certain dans la préparation à l'appréciation des biens culturels. Le site du Mussée Rodin est un très bon exemple (http://musee-rodin.fr/acceuil.htm). Il apporte au visiteur un certain savoir, nécessaire à l'appréciation des œuvres de l'artiste.
Ceci est très appréciable lorsqu'il s'agit de l'art contemporain, qui est plus difficile d'accès et qui nécessite une grille de lecture conséquente. Il s'agit par exemple du site du Centre George Pompidou (http://www.centrepompidou.fr). De plus, tous ces sites se répondent et se renvoient l'un à
l'autre ce qui permet d'évoluer sans difficultés à
travers le patrimoine culturel français et mondial (Museum
of Modern Art de New York…). En France, leur mise en place a été
facilitée par l'action développée par le Ministère
de la culture qui les subventionne et les recense (http://www.culture.gouv.fr/culture/int/index.html).
Le savoir semble donc se démocratiser et il est plus facile grâce à Internet d'avoir accès aux biens culturels. Par exemple, pour accéder à des œuvres littéraires, il est facile de passer par une bibliothèque spécialisée, comme celle d'Anima (http://www.arsmultimedia.org). Toutefois, il faut être vigilant car de nombreux sites sont assez
pittoresques , comme http://www.multimania.com/klee,
site "Kandinsklee" qui est l'"œuvre" d'un passionné de Kandinsky
et de Klee. La "galerie virtuelle" n'est pas véritablement organisée
et est assaillie par une publicité permanente. Un site recense d'ailleurs
toutes ces galeries et autres prétendus musées (http://bidonnet.com).
Encore une fois, les limites de la démocratisation apparaissent
clairement, et hors des sites officiels, les informations en ligne doivent
être triées et filtrées. Finalement, l'accès
aux biens culturels n'est facilité ou démocratisé,
que pour ceux qui possèdent déjà un certain savoir.
A la barrière financière s'ajoute une barrière d'ordre
socioculturel. Comme le précise Dominique Wolton, directeur
de recherche au CNRS, " Internet est surtout utile à ceux qui
disposent d'un savoir établi et qui veulent se tenir informés
des évolutions de leur discipline...L'égalité d'accès
à l'information est une chose, l'égalité des compétences
en est une autre ".
La démocratisation de l'accès aux biens culturels est
donc limitée et l'essence même de la création d'Internet
nous empêche de croire en un prochain accès égalitaire
au savoir. Ce qui s'est véritablement transformé serait plutôt
l'accès à un certain type de biens culturels. Le Réseau
démultiplie la possibilité d'entrer en contact avec différents
biens culturels et qui remet en cause la notion même de culture.
2 - L'accès
élargi aux biens culturels: vers une culture uniformisée
ou enrichie ?
Il permet d'avoir un rapport interactif vis-à-vis des bien culturels, par exemple, la lecture d'un livre, grâce à la technique de l'arborescence, est multidimensionnelle et personnalisée.(un exemple dans le monde de la bande dessinée ou "cybercomics": Marvelzone). L'accès joue en faveur des artistes qui trouvent ici un moyen
de se faire connaître et, par conséquent, de vivre de leurs
œuvres et de poursuivre leur travail de création. Par conséquent,
cela favorise l'enrichissement des biens culturels, à travers la
possibilité plus grance de création.
B -
Internet modifie aussi la nature des biens culturels, en quelques sortes
"désacralisés"
1 -
L'introduction d'une interactivité des genres et des créateurs
L'interactivité a un grand rôle à jouer dans l'évolution de la nature des biens culturels, et elle concerne aussi bien les genres que les créateurs de biens culturels, plus particulièrement les biens artistiques. Il s'agit tout d'abord de l'interactivité des genres. L'art contemporain
nous permettait déjà de nous soustraire à une vision
sclérosante de l'art conçu en genres. Les supports ont commencé
à se mélanger. C'est, bien entendu, principalement du côté
de l'image que se manifeste ce processus, et il est donc intimement lié
à l'évolution technologique. Les nouvelles technologies de
l'information et de la communication (NTIC) ne font donc qu'accélérer
ce mouvement, de même qu'elles le révèlent. De nouvelles
formes de création apparaissent donc. Le site Ars multimédia
est un des sites qui recense ces créations dans une gigantesque
"bibliothèque", appelée Anima (http://www.arsmultimedia.org).
Un exemple de ce nouveau type de bien culturel nous a frappées.
Il s'agit de la poésie numérique. Le texte et l'image ne
forment plus qu'un et sont parfois même complétés par
de la musique. Nous vous conseillons un très beau poème,
néant (http://www.arsmultimedia.org/neant.htm).Encore une
fois il faut rappeler que ce processus s'était mis en mouvement
bien avant l'arrivée d'Internet car cette recherche est celle de
nombreux artistes depuis longtemps. Néanmoins, Internet apparaît
indéniablement comme un facteur d'accélération de
ce processus d'interactivité et d'enrichissement mutuel des genres.
Par ailleurs, il y a également une interactivité entre
les créateurs et l'on trouve sur Internet des œuvres prêtes
à être recréées, modifiées.
Il permet aussi de créer des biens culturels spécifiques à Internet, "virtuels", et ainsi de faire émerger de nouvelles formes d'art, d'où un enrichissement des biens culturels. Il est courant aujourd'hui de penser la culture comme une perpétuelle construction, fruit d'une intéraction. Mais cette conception est évidemment en rupture avec la vision traditionnellement véhiculée des biens culturels. En effet, cette notion apparaît comme figée et irréductiblement liée à celle de patrimoine. Internet fait, sans aucun doute, évoluer cette distorsion en modifiant le concept de bien culturel. Les biens culturels peuvent constituer une possession commune qu'on se plaît à penser en termes planétaires. Cela passe bien entendu par un renversement juridico-philosophique d'une longue tradition qui place le statut du bien culturel dans son caractère original et sacré, intouchable.
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Les sites
Voir tous les sites déjà cités, auxquels il faut
ajouter les nombreux autres sites permettant la diffusion et la création
de biens culturels, à savoir:
** pour les informations générales sur le sujet: http://www.libe.fr,
** pour la diffusion de biens culturels: http://www.cdplanete.com,
** pour la création de biens cultures spécifiques à Internet: http://www.eruptor.com,
Les ouvrages Ch. Féral-Schuhl, Cyberdroit, Dalloz, éditions Dunod, 1999. J. Hagel III et A. G. Armonstrong, Bénéfices sur le Net, éditions d'Organisation, 1999. P. Levy, La cyberculture, éditions Odile Jacob, 1997.
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** Une page web qui recense tous les musées du monde : http://www.culture.gouv.fr/culture/int/index.html.
** Tous les fonds des bibliothèques françaises (bientôt
européennes) sur le site http://www.ccfr.bnf.fr
** Tous les évènements culturels recensés par des
sites d'acteurs n'existant que sur Internet : http://www.culturekiosque.com,
ou des sites d'acteur existant dans le monde réel, déjà
partenaires de manifestations: http://www.arte-tv.com/forum
** Site très intéressant de ventes aux enchères
: http://www.auction-fr.com.
** Pour trouver des jolies peintures : http://www.multimania.com/klee,
** Un super site techno favorisant le développement du cyberart
: http://www.france-techno.fr ainsi
que le site : http://www.vitroman.com.
** Et enfin, un site réunissant des jeunes créateurs de
sites Internet : http://www.pda.qc.ca/fr.publ.toil.html
(la toile des arts).
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